Personnalité de la semaine : Gengoroh Tagame

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Pendant des années, son nom était connu uniquement des sexualités interlopes. Et personne n’aurait alors pensé qu’un manga de Gengoroh Tagame deviendrait un drama !

Etudiant en graphisme à l’université de Tama, Gengoroh Tagame entame ses premiers mangas à 18 ans, en 1982. La découverte des revues gays hardcore durant son voyage en Europe influence profondément son style, où prédomine le sado-masochisme entre des hommes matures, trapus et ultra-poilus. Parfaites opposées aux bisous des éphèbes androgynes du shônen ai, les œuvres de Tagame sont plébiscitées par une sphère gay encore ostracisée au Japon.

tagame01Pendant trente ans, le mangaka homosexuel dévoile ses fantasmes (cire chaude, cordages, épingles…), avant d’enfin laisser la parole au militant au fond de lui. Sous l’impulsion de l’éditeur Futabasha, il se lance à 50 ans dans un nouveau challenge : réaliser un manga mainstream. Cette fois, il ne s’agit plus de répondre aux attentes de sa communauté, mais de la dédiaboliser auprès des citoyens nippons en luttant contre l’homophobie passive.

Plaidoyer émouvant et délicat pour la cause LGBT, Le mari de mon frère a remporté l’adhésion du grand public japonais (et international), à la grande surprise (et satisfaction) de l’auteur. Le plébiscite est tel que la chaîne publique NHK diffusera en 2018 un téléfilm en trois parties adapté du titre publié en français par Akata ! Une avancée considérable dans la reconnaissance des gays, qui rappelle, si besoin était, combien le manga est un reflet de la société nippone.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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