Expelled From Paradise

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Réalisé en 2014 par le studio Graphinica, et fruit d’une collaboration entre Toei Animation et Nitroplus, le long métrage Expelled from Paradise (Rakuen Tsuiho) arrive enfin chez nous via le label All the Anime. Avec le réalisateur de Fullmetal Alchemist, Seiji Mizushima, et le scénariste de Psycho-pass, Gen Uruboshi en tête de gondole, que vaut cette oeuvre dopée au cel-shading ayant un reçu un très belle accueil en salles au Japon ?

rakuentsuiho

Jeter un œil sur les visuels d’Expelled from Paradise, un projet datant de 4 ans, peut amener tout un chacun à tirer un bilan un peu hâtif. C’est qu’à regarder le contenant, l’ambiance futuriste mêlant mecha et une héroïne moe n’est pas des plus rassurant si vous êtes à la recherche d’un visionnage dépaysant. Heureusement le staff présent est prometteur. Fidèle à lui-même, Gen Uroboshi pond pourtant une histoire plutôt ambitieuse amenant l’espèce humaine loin de notre belle planète bleue. Il faut dire qu’en 2400, la santé de cette dernière s’est sacrément dégradé à cause du “Nano Hazard”. Résultat, l’humain voit son esprit être digitalisé pour vivre sur une plateforme numérique baptisée Deva. Mais ce qui ressemble fortement à un paradis fictif sera perturbé par l’intrusion, depuis la Terre, d’un hacker nommé Frontier Setter. Les autorités de Deva décident alors d’envoyer la jolie Angela Balzac pour l’arrêter, accompagnée de Dingo, un agent déjà sur place.

Quand Uroboshi met son grain de “cel”

Expelled from Paradise mérite plusieurs analyses. Le premier constat, c’est de dire que le métrage n’est pas qu’une démonstration technique. Nous avons ici un modèle de société détruite, et la seule échappatoire pour l’homme a été de dématérialiser sa chair pour vivre, telle une donnée informatique quasi immortelle. Cette idée toute simple permet d’irriguer quelques réflexions simples au sein du binôme. Angela symboliserait les limites du progrès là où Dingo, véritable humain, serait la fierté d’une espèce consciente qu’elle peut être éphémère, parce que le passage au “tout numérique” a noyé les émotions, aseptisé les ressentis… dénaturé l’homme, en quelque sorte. En fond se pose alors un dilemme mainte fois traité, mais toujours impactant : éternité stérile ou vivre, mais mourir, intensément ? Un spectateur avisé ne sera pas émerveillé par les thématiques soulevées par Gen Urobochi, mais les plus verts d’entres vous apprécieront.

À côté de ça, Seiji Mizushima prouve son savoir-faire pour animer l’écran. Le film est équilibré, les séquences s’enchaînent avec fluidité, et quand l’action est mise en avant, c’est un sans faute. Le piège aurait été de vouloir en faire trop, mais en dépit des jolis effets lumineux et de l’ampleur des affrontements (peu nombreux au final), le tout conserve une esthétique digeste et compréhensible. Un vrai bon point. Bien que le design de Masatsugu Saito ne souffre d’aucun accro majeur, sans grande prise de risque, la direction artistique menée par l’expérimenté Masanobu Nomura (Mardock Scramble, Argento Soma) est quant à elle sobrement efficace.

À cœur

Plus généralement le travail en cel-shading (que l’on peut voir comme une sorte de “cel-CGI”) est bon. Le choix d’un travail en numérique continu de rebuter plus d’un spectateur, mais Expelled from Paradise peut en réconcilier certains avec un rendu très hybride. La réalisation par ordinateur continue d’afficher certaines carences dans le rendu des personnages (les expressions faciales est certainement le gros chantier des production futurs). Pourtant, la rigidité des gestuelles est moindre, les saccades (que l’on peut admirer dans Ajin par exemple), ne sont pas de la partie. Pour le reste, c’est-à-dire les éléments non-organiques, le film est dans la moyenne haute de ce qui se fait actuellement.

Au rayon des regrets, impossible de ne pas citer la relation bien trop classique, dans son évolution, du duo Angela/Dingo. Le film lancé, il est facile de savoir où Gen Uroboshi veut nous mener. Petite déception également du côté de la bande son, gérée par Narazaki (Deadman Wonderland). Nerveuse à souhait quand l’action l’exige, aucun thème forts ne vient rehausser les scènes narratives, un point d’autant plus dommageable que la musique, en tant que sujet, occupe une place non négligeable dans la morale de l’histoire. Ces défauts, auxquels nous ajouterons une pointe de fan service, ne viennent heureusement pas ruiner la vision d’une oeuvre cohérente et plutôt jolie.

 

 

6.2 Mission Accomplie

Loin d'être d'une originalité folle, Expelled from Paradise remplit très honorablement son contrat. S'il faudra repasser pour trouver une vraie résonance philosophique dans le fond, la production ne s'éparpille pas de trop, et livre une oeuvre assez solide techniquement pour nous divertir. Si la Toei à bond dos depuis quelques années, elle a réussi à produire un long-métrage originale de qualité. Un fait suffisant pour éveiller votre curiosité ?

  • Réalisation 7
  • Scénario 6
  • Originalité 5
  • Design 6
  • Musiques 5,5
  • Animation 8
  • Note public (survolez et cliquez pour voter !) (10 votes) 7.8
  • RéalisationSeiji Lizushima
  • Chara-DesignMasatsugu Saitô (chara), Junya Ishigaki, Makoto Ishiwata (Nitroplus), Masatsugu Saitō, Takayuki Yanase (mecha)
  • StudioGraphinica
  • MusiqueNarazaki
  • GenreAction, S-F, Mecha,
  • Date de sortie29/06/2016
  • Diffusion-
  • Durée104 minutes
  • LangueJaponais
  • Sous-titresFrançais
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A propos de l'auteur

Défendre les couleurs d'AnimeLand était un rêve. Il ne me reste plus qu'à rencontrer Hiroaki Samura et je pourrai partir tranquille.

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