Le débat d’AnimeLand 2 – Dans un manga, quelle place accordez-vous au dessin ?

20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 23)

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    Bruno de la Cruz le #450002

    Voici une nouvelle rubrique sur le site d’AnimeLand ! Après les reviews, nous avons pensé à récolter votre avis et vous faire participer à différents débats que nous tenterons de lancer. Deuxième sujet de réfléxion: la place accordée à la qualité du dessin dans un manga.

    C’est un sujet presque sensible : la qualité d’un dessin ne dépend pas uniquement de son rapprochement avec la réalité ni d’une quelconque norme. Par exemple, Taiyô Matsumoto (Number 5, Ping Pong) peut avoir un style qui en rebute certains, il est pourtant d’un talent immense quand il s’agit de créer, de réinterpréter, de nous faire voyager. Dans un autre registre, le style d’Ôda ne serait plus le même si son rapport avec les proportions n’étaient pas aussi compliqués. Beaucoup plus récemment, nous avons vu de grandes disparités dans les avis des lecteurs sur des titres comme Ajin, mais aussi Ushijima, l’usurier de l’ombre. Pourtant, l’aspect bancal et besogneux de Shôhei Manabe ne permet aucunement d’enjoliver un portrait social très précaire pour les Japonais. La forme est donc adaptée aux propos.

    On l’aura compris, le dessin est donc aussi une question de sensibilité (et elle peut être évolutive). Il faut donc voir plus loin : placez-vous cette sensibilité au-dessus de la trame et/ou de l’histoire ? Les deux, dessin et histoire, ne sont pas des entités complètement séparées, évidemment, mais Levius aurait-il la même force émotionnelle sans son identité graphique ? Et que dire de Freesia (Jirô Matsumoto), dont la personnalité multiple est aussi brouillonne que le trait de son auteur ? Pour d’autres artistes, comme Boichi, la qualité du dessin est un fond de commerce qui vient parfois obstruer d’autres messages (la violente critique de la société coréenne pour Sun-ken Rock). À l’inverse, un manga comme Kokkoku (Seita Horio) a plus d’une finesse dans son histoire, sa narration, et pourtant il souffre d’un délit de faciès avec un graphisme peu séduisant. Ce qui nous ramène à une déclaration de Guillaume Lapeyre (City Hall) : “le premier tome d’un manga, on l’achète parce que c’est bien dessiné. La suite, on continue de la prendre si l’histoire est au niveau“.

    Mais vous, qu’en pensez vous ?

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    Lord Yupa le #451398

    Ce qui nous ramène à une déclaration de Guillaume Lapeyre (City Hall) : “le premier tome d’un manga, on l’achète parce que c’est bien dessiné. La suite, on continue de la prendre si l’histoire est au niveau“.

    Mouais, ça se discute (et on est là pour ça justement). Globalement une des grandes qualités des manga (je n’aime pas mettre un “s” à des termes japonais) est en général la qualité du trait, alimentée par l’importance donnée au Japon dès le plus jeune âge à l’éducation artistique, et par le culte extrême-oriental de la “ligne parfaite”.
    Mais j’imagine peu de gens, dans le grand public, achetant un manga juste pour le bon dessin, sans rien savoir du pitch, de l’auteur, de la réputation de l’oeuvre… Evidemment, les qualités de narration jouent autant, et peut-être dès le départ puisque (à la différence du Japon) nous avons accès au feuilletage des volumes sur les rayons. Ainsi et avant achat, on se fait très vite une idée d’une histoire qui va nous attirer (ou pas).
    Pour moi, le dessin reste un élément très fort mais très général : j’aime le style général des manga parce que je n’arrive pas à être séduit par le style caractéristique des “comics” américains (sans du tout critiquer la qualité de celui-ci, je tiens à le préciser !). Quant à la BD européenne, il y en a de bien dessinée évidemment, et de temps en temps d’ailleurs j’aime en lire plutôt que “du manga”, mais à cause de bonnes histoires. Côté dessin, c’est souvent plus “lourd”, plus “mou” que les manga, à mon avis, avec des exceptions (Cosey par exemple).
    En tant que guide-conférencier, la technique artistique de haut niveau m’attire, et avec les manga on est rarement déçu. Cela arrive ! En ouvrant un volume de “L’Attaque des Titans”, je suis tombé sur des pages avec des chevaux moins bien dessinés que par ma petite nièce, et donc j’ai écarté ce manga. Certes c’est aussi que moi, les récits avec des créatures totalement hors crédibilité, zombies, vampires, groh monskreuh, ça me gonfle, mais c’est un autre débat. Des tas de gens se sont rués sur ce titre, et sans doute à cause du visuel-choc des Titans, mais probablement pas à cause d’un vraiment bon dessin. “Dossier A” est croqué assez lamentablement par Garaku Toshusai, et je ne peux complimenter ce dessinateur ! Mais quel scénario, par Osamu Uoto !
    Des auteurs-dessinateurs que tu cites, Bruno, je ne connais que T. Matsumoto et Ôda, évidemment excellents et originaux. Même, je crois me souvenir vaguement qu’à la parution du 1er tome ici de “One Piece”, c’est bien le dessin frappant qui m’a fait acheter le volume, personne n’ayant encore remarqué la série.
    Bref, place du dessin = très importante pour moi ! Mais pas cruciale, puisque je me suis enfilé les 15 volumes de “Dossier A” avec passion, malgré la pauvreté du dessin…
    Une bonne histoire sauve un mauvais dessin.
    Un bon dessin ne sauve pas une mauvaise histoire (exemples à trouver).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 1 semaine par  Lord Yupa.

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    Bruno de la Cruz le #451569

    De mon strict point de vue, il n’y a pas de bon ou mauvais dessin, il y a une harmonie entre les propos et la forme. Bien sur, certains auteurs sont plus talentueux que d’autres ! Néanmoins, et avec l’expérience et ma volonté d’être un critique, je me force à aller au-delà du dessin ou d’un synopsis pour creuser.

    Oui, des styles peuvent me rebuter, mais jamais me faire abandonner avant d’avoir durablement donné sa chance au titre.


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    bub le #451682

    Question intéressante mais qui au préalable doit tenir compte de la spécificité de l’édition du manga.

    A la différence du franco belge ou du comics, un titre japonais s’étale généralement sur plusieurs centaines ou milliers de pages.

    Dès lors, un shonen atteint parfois son premier pic de notoriété au bout d’un an de publication, ce qui correspond grosso modo à déjà… 4/5 volumes de 180 pages !!!
    Dans la même période le franco belge aura pondu un album de 54/68 pages (je parle de productions classiques).

    Autrement dit, du premier tome au tome 5, on assiste souvent à une évolution très significative des mangakas dans leur style de dessin.
    Juste pour le fun, comparez votre tome 1 de maison Ikkoku au tome 5 (2 ans plus tard), aux premiers chapitres de Planètes à ceux du tome 2, même chose pour City Hunter, Berserk, etc.

    S’il avait fallu juger la maîtrise du dessin au premier chapitre de ces titres… pas sûr qu’ils seraient aussi cultes aujourd’hui !

    Dans le sens inverse, certains auteurs ont clairement cédé à la facilité et se contentent de produire sans génie par rapport à ce qu’ils étaient capables de faire par le passé. Je pense à Tsutomu Nihei, Shirow, Yukio Kishiro…

    Alors après il y a des auteurs talentueux qui sortent de la production mainstream, genre Taiyo Matsumoto, mais nous sommes en présence d’auteurs sur un registre plus “réfléchis” dans leur rapport au médium BD que la moyenne. Quelques tentent la synthèse, mais dans l’ensemble, on évitera de confondre les bons “illustrateurs” – qui font de jolies planches très fouillées, mais pas forcément très recherchées – et les grands “narrateurs” – qui savent construire une planche et gérer une mise en scène.

    Donc, non, le dessin ne fait pas tout, loin s’en faut, et pour accrocher le lecteur, c’est la maîtrise de la narration qui va peser sur la longueur, particulièrement dans le milieu du manga, qui produit parfois des séries de plusieurs dizaines de tome exigeant un souffle narratif hors du commun !


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    veggie11 le #451683

    J’ai un avis très similaire à celui de bub, en général le dessin reste pour moi secondaire, rien ne remplacera une bonne narration et une mise en scène maîtrisée. Alors oui, j’ai une préférence pour certains styles (dans ce registre, je serais plus seinen issus du Big Comics ou Morning, du moins pour les titres post 2000), mais ce n’est pas le principal argument qui va m’attirer vers un titre. J’ai un panel assez large côté tolérance graphique, Iô Kuroda (qui fait du graphisme anti-commercial sans aucune volonté esthétique) est un auteur que j’apprécie énormément depuis une dizaine d’années, parce qu’au-delà de son trait ”brouillon”, il garde son côté auteur indépendant et propose des thèmes très différents à chaque nouvelle œuvre.


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    feanor curufinwe le #451684

    Ce que j’aime bien dans le manga, par rapport aux comics ou à la franco-belge, c’est l’aspect constamment évolutif du trait. C’est très rare de trouver un titre dont le trait n’évolue pas en plein cours de parution. C’est agréable de suivre l’évolution d’un auteur au gré des années sur un même titre, c’est véritablement le charme du genre.
    On peut reprocher aux histoires de trop s’étaler en longueur et de ne pas savoir s’arrêter au bon moment, ou de donner des fins pas toujours à la hauteur et trop vite expédiées, mais il y a toujours matière à satisfaction dans le dessin, dans les grandes largeurs, bien sûr ! ;-P
    Et puis il y a les dessinateurs éternellement insatisfaits, qui n’arrêtent pas d’évoluer, de se remettre en question. Ceux-là sont plus rares, comme Hirohiko Araki ou Yoshihiro Togashi, et ils font le plaisir de leurs lecteurs.
    Je n’achète pas un manga pour son dessin mais pour ce qu’il me promet dans son histoire. Mais le dessin participe indubitablement à l’intérêt final que je peux porter (ou non) à une oeuvre.


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    Bruno de la Cruz le #452132

    J’ai un panel assez large côté tolérance graphique, Iô Kuroda (qui fait du graphisme anti-commercial sans aucune volonté esthétique) est un auteur que j’apprécie énormément depuis une dizaine d’années, parce qu’au-delà de son trait ”brouillon”, il garde son côté auteur indépendant et propose des thèmes très différents à chaque nouvelle œuvre.

    Je suis joie de voir fleurir ce nom ! Dans la même idée, Hayashida Q est une femme qui accuse de grosses lacunes techniques, mais dieu que ses idées et sa témérité donnent un titre à mille lieux ce qu’on voit depuis des années (Dorohedoro, en l’occurrence, qui est une merveille pour moi).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 1 semaine par  Bruno de la Cruz.

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    veggie11 le #452137

    😀

    J’ai découvert son œuvre par pur hasard en cherchant des mangas en japonais pour m’entraîner à la lecture des hiragana/katakana, et je suis tombée sur le tome 2 du ”Clan des Tengus”, qui à l’époque n’était pas encore traduit en français. Ce volume est devenu à la fois mon premier manga en japonais mais m’a également permis de découvrir un auteur que je ne connaissais absolument pas jusqu’alors (en même temps je débutais vaguement dans le manga, vu que ça remonte à 2005).


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    bub le #452844

    Pour en revenir à la déclaration de Guillaume Lapeyre, je me demande comment il expliquerait le relatif succès de titres mettant en scène des héros aussi peu charismatiques que ceux-là :

    Bobobo

    Ninku

    Katsuo

    Et c’est là que je réalise que le héros à la tronche impossible constitue un genre à part entière du manga/shonen. oO

    Ces oeuvres ont quand même rencontré un succès non négligeable en leur temps, malgré – enfin c’est mon avis – des héros particulièrement repoussant.
    Bon, Katsuo entre dans une catégorie parodique évidente, mais les autres…
    Et même, One Piece, avec sa galerie de personnages complètement improbables, si ce n’est pas le génie d’Oda, comment expliquer cet incroyable succès mondial qui ne se tarit pas depuis 20 ans ????

    Comme quoi le public – japonais au moins – est ouvert à une extraordinaire variété de style, pas forcément rebuté par un dessin disons… “conceptuel” ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 1 semaine par  bub.

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    Bruno de la Cruz le #453321

    Je tiens à préciser, et j’aurai dû le faire avant, que la déclaration de G. Lapeyre sort d’un contexte suivant : nous parlions des dossiers d’éditions envoyés par de jeunes talents francais aux éditeurs (on lui demandait conseil). Il expliquait donc qu’au dela de la qualité des dessins, il fallait que l’histoire suive, qu’elle nous attire à continuer. D’où cette déclaration.

    Pour revenir sur les propos de Bub, je te comprend ! Mais Katsuo, par exemple, a aussi son charme : celui d’un looser prenant son courage à deux mains et profitant de sa nouvelle réputation.


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    Cyril le #454250

    Pour moi, c’est vraiment variable. Il y a des styles de dessin qui ne sont pas franchement moches mais qui peuvent vraiment me rebuter : je pense notamment à Basara que j’avais feuilleté en librairie et lâché au bout de 4 pages. A l’inverse, certains dessins considérés généralement, et pas forcément à tort, comme moches peuvent passer s’il y a un bon découpage et une bonne mise en scène et s’il y a d’autres qualités par ailleurs, comme pour Saint Seiya ou Captain Tsubasa à ses débuts. Et il y a aussi certains mangas très bien dessinés (Bastard, Berseck) auxquels je n’accroche pas.

    L’idéal, c’est évidemment quand on a des dessins magnifiques avec une histoire et des personnages qui tiennent la route. Je pense aux mangas de Hojo (mais j’apprécierais probablement moins Angel Heart avec d’autres dessins) et surtout à Bride stories. Pour ce dernier manga, les dessins sont la première qualité qui saute aux yeux. Ca m’est arrivé de rester les yeux fixés sur certaines cases tellement les dessins sont beaux et je crois que, même sans la qualité d’écriture (qui est bien présente), je serais fan de ce manga uniquement pour ces dessins.


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    Lord Yupa le #454673

    Dans la même idée, Hayashida Q est une femme qui accuse de grosses lacunes techniques, mais dieu que ses idées et sa témérité donnent un titre à mille lieux ce qu’on voit depuis des années (Dorohedoro, en l’occurrence, qui est une merveille pour moi).

    J’applaudis des 4 mains comme disait le singe : Dorohedoro est une oeuvre magnifique, un chef-d’oeuvre du fantastique, et Dieu sait si je suis difficile à convaincre dans ce genre honteusement galvaudé de nos jours ! Un peu surprenant même que tu y voies des faiblesses de dessin, Bruno : quid ?

    Par ailleurs en tant que critique professionnel il est bien normal que tu donnes sa chance à toute forme de dessin pourvu de ressentir comme tu dis une “harmonie” avec le fond. Mais il y a de bons ou mauvais dessins à mon avis.
    Car la formation des guides en art est spécifique : on nous a appris à repérer les traits tremblés ou d’une belle sûreté, les repentirs lourdingues, les bras inégaux ou correctement mesurés, les couleurs vivantes ou mal agencées, les mains ratées, etc. Un des premiers dogmes qu’on nous répète, c’est “les gens ne VOIENT pas, vous devez VOIR et faire VOIR”. Si l’on ne le leur dit pas, les touristes même amateurs de natures mortes ne remarqueront pas que les bouquets de fleurs de Fantin-Latour ont une profondeur très rare. Ni que Le Brun, peintre de héros cavaliers, est incapable de réussir un grand cheval, surtout l’avant, et donc les peint le plus souvent vus de dos avec un énorme arrière-train car sinon le cavalier aurait l’air d’être sur un mulet.
    D’accord, une main “bien dessinée”, ou un cheval, c’est académique, mais chez Cézanne, Picasso ou Rothko on a d’autres critères : force d’ensemble, équilibre, touche, vibration optique, ou simplement originalité (Hergé essayait de faire des “vrais tableaux” mais ne parvint jamais à échapper à l’imitation de Hans Arp, Buffet, Miro).
    Dans l’absolu, un fond et une forme d’un même mangaka ça ne se discute pas : Go Nagai ou Leiji Matsumoto, c’est plein de défauts, ce n’est pas “beau” : c’est “comme ça”, on aime ou pas l’auteur entier.
    Dans le relatif, c’est autre chose, et les “grands narrateurs” comme dit Bub, ne sont pas forcément de “grands illustrateurs” ; d’ailleurs ils s’associent souvent avec un dessinateur. Et puis comme le suggère Cyril, Hojo dessine comme un dieu, mais là où “City Hunter” est en plus une création très forte, “Angel Heart” n’est qu’une redite laborieuse.
    A mon avis l’aisance du dessin, stylisé ou pas, ça se voit. Ayant aimé dessiner le mieux possible depuis l’enfance, je suis séduit par un dessin “superbement académique”, Tsukasa Hojo, Kenji Tsuruta, Jirô Taniguchi ou Kei Toume ; mais j’adore aussi un grand nombre de stylisations baroques ou gracieuses, Ôda, Atsushi Ohkubo, Mitsuru Adachi, Natsuki Sumeragi, Junko Mizuno…
    Ce que je n’aime pas, à titre purement subjectif, c’est le style “vieux gekiga”, celui du magazine Garo, le style “brut” qui se veut anti-esthétique. On commence comme ça, puis on pond “L’urinoir” de Marcel Duchamp, et on finit par le popo (comme dit Ashirpa de Golden Kamui) de notre “art contemporain”…


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    Cyril le #454714

    Tiens, à propos des dessins, il y a d’ailleurs une chose que j’ai remarquée pour certains auteurs et que je trouve bizarres. A la fin d’une série, il arrive souvent que les dessins d’un auteur soient bien plus beaux qu’au début de la série suivante : peut-être parce que l’auteur se cherche un nouveau style. Par exemple, je trouve les dessins de la fin de Cat’s Eyey beaucoup plus beaux que ceux du début de City Hunter ; idem, par exemple, pour Krumada avec la fin de Saint Seiya et le début de BT’X ou pour Kamijo avec Samourai deeper Kyo et Code breaker.

    PS : je n’irais pas jusqu’à parler de “redite laborieuse” pour Angel Heart. Même sans les dessins, le titre a des qualités ; mais, même si les histoires sont souvent émouvantes, Hojo a tendance à trop se répéter dans les thématiques abordées, au détriment notamment de l’action (encore que le volume paru cette semaine soit davantage dans ce registre).


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    Xanatos le #454914

    Ah tiens, je ne savais pas que le dernier tome de Angel Heart était sorti cette semaine, merci de l’info Cyril ! :)

    Sinon, je suis plutôt d’accord avec toi: même si je préfère très largement City Hunter, j’aime bien malgré tout Angel Heart qui est certes une série inégale mais qui a aussi ses bons moments.

    Ta remarque au sujet de City Hunter et Cat’s Eye est pertinente, je trouve moi aussi que les derniers volumes des aventures des soeurs Kisugi sont bien plus beaux que les premiers tomes des missions du “chasseur de ville”.

    Je ne sais pas à quoi cela est dû: Hôjô a voulu peaufiner dans les moindres détails les dessins de Cat’s Eye pour conclure en beauté la série ?

    Le rythme de publication de City Hunter a-t-il été frénétique à ses débuts, et que, pris au dépourvu, Hôjô n’a pas eu le temps nécessaire pour fignoler ses dessins autant qu’il le souhaitait ?

    Toujours est il qu’il s’est très rapidement amélioré sur City Hunter pour notre plus grand bonheur.

    D’accord aussi avec Bub, certains titres cultes ont vu leurs dessins progresser incroyablement vite en un laps de temps très court.

    Le premier tome de Maison Ikkoku a des dessins très maladroits alors que ceux du tome 5 sont beaucoup plus détaillés, fin, soignés, les personnages sont plus expressifs, plus beaux…

    Au sujet de Rumiko Takahashi, je suis stupéfait qu’elle ait mené de front deux séries publiées en même temps, Urusei Yatsura/Lamu et Maison Ikkoku.

    Mais où trouvait elle le temps pour écrire et dessiner ses deux oeuvres quasi simultanément ? Quand prenait-t-elle le temps de se reposer ?

    Sinon, je suis d’accord avec Yupa, la plupart du temps, une histoire de qualité peut sauver un dessin indigent alors qu’un beau dessin ne sauve pas une histoire médiocre.

    Cela arrive souvent dans les comics.

    Prenons l’exemple de L’Incroyable Hulk: dans les années 80 et 90, le scénariste Peter David a révolutionné le personnage, a procédé à un retour aux sources (Hulk redevenant aussi malin et futé que dans les premiers numéros où il apparut) et développa son entourage et étoffa la psychologie des personnages (Betty Banner la femme de Bruce Banner/Hulk était originellement une femme passive et effacée, sous sa plume, elle est devenue intelligente, forte, passionnée et déterminée).

    Cependant, lors du run du scénariste, un dessinateur du nom de Jeff Purves a illustré une vingtaine de numéros (du temps où Hulk est devenu le garde du corps d’un patron de casino de Las Vegas sous le pseudonyme de Joe Fixit). Les dessins de Purves étaient affreux, l’anatomie des personnages jamais homogène et les décors étaient pauvres (un comble pour Las Vegas). Pourtant, la variété et la richesse des intrigues de Peter David sauvaient les épisodes. Ceci dit, quand l’excellent dessinateur Dale Keown (au trait somptueux et dynamique) succéda à Purves, la série atteignit des sommets car il stimula l’imagination du scénariste Peter David qui fut alors à l’apogée de son inspiration.

     

    Dans un contre exemple, je pense au titre All Star Batman and Robin écrite par Frank Miller (le créateur de deux des meilleures histoires de Batman The Dark Knight Returns et Batman Year One) et dessiné par Jim Lee (considérée par ses pairs comme l’un des plus grands dessinateurs de sa génération).

    Les dessins de Jim Lee sont comme à l’accoutumée fantastiques, magnifiques, élégants, dynamiques et gracieux, un pur ravissement pour les yeux.

    Hélas, l’intrigue de Miller est quant à elle pétrie de clichés, stupide, caricaturale et sans queue ni tête, l’incroyable dessin de Jim Lee ne rehaussant en aucun cas la piètre trame du scénariste. Une énorme déception alors que The Dark Knight Returns et Year One sont des histoires bien écrites, intelligentes et traitant de thématiques suscitant une vraie réflexion.

    Et pour ce qui est du manga, je rejoins Cyril au sujet de Saint Seiya: autant Masami Kurumada est un dessinateur médiocre, autant il a su créer des héros réellement charismatiques et fédérateurs et concevoir une histoire traversée par un vrai souffle épique et forger un univers fascinant, ayant fait vibrer et rêver son lectorat.


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    veggie11 le #454953

    Je dirai pour Saint Seiya que Kurumada Masami a surtout eu le flair de pomper largement les concepts de Babel II et la Mythologie grecque pour les Nuls 😀 Non non je suis de mauvaise foi, en dehors de ça son scénario tient assez bien la route et le manga est très agréable à suivre (si on omet la qualité graphique absolument épouvantable).

    Pour Angel Heart honnêtement, j’ai jamais dépassé les 2 tomes, à cause de l’excès lacrymal fatigant (et pourtant j’aime les scènes de larmes d’habitude, mais plutôt dans des histoires héroïques ou de guerre), mais je n’ai jamais oublié mon ressenti devant la qualité graphique dès le premier tome. WAW ! Un travail exemplaire de la part d’Hôjo, auquel l’anime n’a pas su lui rendre honneur (tiens, un remake ferait pas de mal 11 ans après). Ne serait-ce que pour cette sorte de paroxysme niveau qualité du dessin, je pense qu’Angel Heart mérite d’avoir tenu aussi longtemps.

    Pour Garô, je n’ai suivi que Phénix l’oiseau de feu et Kamui Den (qui tire plutôt vers le gekiga et même un peu l’estampe), je n’ai jamais été dérangée par les dessins de Kamui que j’ai beaucoup aimé, au point d’acheter le coffret italien de l’adaptation animée, mais je conçois parfaitement qu’on ne puisse pas adhérer à la narration (lente et complexe avec de nombreuses ellipses). Je n’ai pas encore suivi les autres titres issus du magazine, mais en soi j’ai remarqué qu’on y trouvait pas mal de styles différents, certains assez particuliers et d’autres plus classiques (en tout cas proches d’un Tezuka ou d’un Dame Oyaji).


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    Xanatos le #455074

    Autant je comprends tout à fait que les détracteurs de Angel Heart reprochent à la série plusieurs histoires qu’ils trouvent larmoyantes, autant je ne trouve PAS DU TOUT qu’il y a un excès lacrymal dans les premiers volumes où l’ambiance est résolument sombre et dramatique. Dans ceux ci, les séquences émotionnelles ne m’ont jamais semblé forcées, au contraire on éprouvait de l’empathie pour les personnages principaux: Ryô qui n’a jamais surmonté son deuil de la mort de Kaori malgré sa façade de joyeux luron, le sentiment de vide qu’elle a laissé auprès de ses ami(e)s et de nombreux habitants de Shinjuku, les conditions d’entraînement CAUCHEMARDESQUES de Xiang Ying alias Glass Heart qui ont coûté la vie à ses innombrables compagnons d’infortune et qui ont traumatisé la jeune fille…

    Vraiment dommage que tu te sois arrêté au tome 2, à la rigueur, si tu ne voulais pas te faire toute la série, tu aurais pu t’arrêter au tome 3 qui conclue le premier grand story arc sans laisser le lecteur sur sa faim…

    Après, oui, c’est vrai que le graphisme est d’une qualité exceptionnelle sur ces premiers volumes qui en mettent plein les yeux…

    Ceci dit, ma période artistique favorite de Tsukasa Hôjô correspond à 1990-1994, des derniers tomes de City Hunter jusqu’à Sous un Rayon de Soleil.

    Je trouve que c’est au cours de cette période de sa carrière qu’il a atteint une vraie perfection à mes yeux, ses dessins magnifiques y véhiculent énormément d’émotion et son trait est plus chaleureux que sur ses oeuvres plus contemporaines.

    Pour ce qui est de Saint Seiya, l’avantage du manga, c’est qu’il y a certains éléments narratifs plus développés et mieux traités que dans l’animé, comme la séquence flash back avec le putsch de Saga qui a assassiné le grand Pope et usurpé sa place, où encore le dénouement de la bataille du sanctuaire, moins épique que dans la série animée mais aussi tellement plus cohérent…


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    veggie11 le #455095

    Oui, je comprends que ça puisse te surprendre ^^ J’avais adoré le premier tome que j’ai trouvé hilarant, émouvant, intense et même du niveau d’un City Hunter dans ses dernières années. Je voulais voir ce que valait le manga original, après la déception vis-à-vis de la série animée que j’avais suivie sur une dizaine d’épisodes avant de lâcher. Mais le second tome a beaucoup fait retomber la pression à mon avis, je n’ai pas adhéré tant que ça. Et comme je me souvenais que la suite allait insister davantage sur les scènes ”émouvantes” (le retour de la fillette), j’ai pas été plus loin. J’aurais peut-être dû, au moins, me prendre le tome 3, mais à l’époque je n’avais pas autant d’argent à dépenser dans les mangas, surtout du Panini.


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    Lord Yupa le #455096

    Peut-être ai-je été un peu dur avec “Angel Heart”, mais c’est aussi que, comme Veggie, j’ai laissé tomber après les volumes 1 et 2, n’étant pas ému malgré les efforts de Hojo, donc je ne sais si c’est mieux après. C’est aussi qu’ayant vécu un deuil au moins aussi dur que Ryô, je trouvais ce comportement ecchi grotesque et contraire à toute réalité, sans parler du coup vaguement mystique du coeur de Kaori… Et quand on n’y croit pas, au pitch…
    Tu relèves bien Xanatos l’évolution rapide dans “City Hunter”, comme chez R. Takahashi dans “Maison Ikkoku”. C’est Feanor je crois plus que Bub qui insistait sur ce côté évolutif des manga. Et bravo pour les apports côté Comics !


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    Bruno de la Cruz le #455899

    Dans la même idée, Hayashida Q est une femme qui accuse de grosses lacunes techniques, mais dieu que ses idées et sa témérité donnent un titre à mille lieux ce qu’on voit depuis des années (Dorohedoro, en l’occurrence, qui est une merveille pour moi).

    J’applaudis des 4 mains comme disait le singe : Dorohedoro est une oeuvre magnifique, un chef-d’oeuvre du fantastique, et Dieu sait si je suis difficile à convaincre dans ce genre honteusement galvaudé de nos jours ! Un peu surprenant même que tu y voies des faiblesses de dessin, Bruno : quid ?

    Le réveil fut difficile, j’ai fini tard ! Salut à tous !

    Ayant lu la série assez récemment, son jeu de perspective (bien que ca contribue à l’effet comique) et des proportions ne boxent pas dans un certain réalisme. Je t’invite à rejeter un p’tit coup d’oeil aux scène d’actions aussi pour les proportions. Mais encore une fois, tout ca est assumé et conforte l’oeuvre dans son ambiance. Aller au bout de sa conviction artistique, voilà ce qui compte et Hayashida Q est dans cette voie là.


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    bub le #456490

    Oui, sur les questions d’anatomie Q. Hayashida parait se trouer en effet quelques fois de façon trop voyante, en particulier sur des personnages comme Nikaïdo ou Noï. Les proportions paraissent démesurées : les bras par exemple tombent parfois jusqu’à hauteur du genou au lieu de tomber à mi-cuisse comme pour toute personne normalement constituée.

    En fait, à y regarder de plus près, ce trait anatomique particulier ne concerne pas tous les personnages, mais seulement certains :



    Bref, les “gros bras” sont le propre des cadors de la castagne dans Dorohedoro : leur allonge et leur puissance pouvant vous exploser le crâne saute aux yeux.
    A noter que cette particularité varie souvent en fonction du contexte (scène d’action, gros bras, scène paisible, corps relâchés, un peu à la hokuto no ken).

    J’irais même jusqu’à dire que certains plans mettant nues Noï ou Nikaïdo pourraient avoir été sciemment “gâchés” par la mangaka tant leurs corps paraissent avoir des proportions ou des articulations foireuses (et précisément à ce moment…).

    Concernant les pb de perspective, je mettrais éventuellement ça sur le compte d’un choix délibéré, après tout, d’une planche à l’autre elle est capable de passer d’un panorama grandiose, à un décor plat tout brouillon et casse gueule, tout en s’éclatant dans l’illustration enfantine.

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